Il vit à cent à l’heure ! Jérémie est architecte à son compte, chez JG atelier, depuis 2015. Il a ouvert très récemment une seconde entreprise de mobilier design, Atelier 37, dont le concept est de proposer des créations uniques en réutilisant les matériaux laissés sur les chantiers. Une solution alternative pour réduire le gaspillage, dans un métier où les problématiques environnementales sont au cœur des préoccupations. Quand il ne travaille pas pour l’une ou l’autre de ses entreprises, Jérémie s’adonne à ses passions : la moto, les voyages, le hand, le bricolage. Il est un “happy entrepreneur”: libre, heureux, créatif ne laissant aucune place à la routine, se nourrissant de chacune de ses rencontres.  Il nous raconte son parcours.

Quel a été ton parcours académique ?

Bachelier à 17 ans, j’ai directement passé le concours à l’ENSAN (Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Normandie) et ai été admis en licence. J’ai poursuivi en master dans le même établissement. Pendant ces cinq années, je me suis beaucoup investi et engagé dans la vie du campus : conseil d’administration, associations étudiantes, programmes d’aides. Par exemple, le programme égalité des chances : il s’agissait de donner la possibilité aux élèves issus de bacs professionnels d’accéder aux écoles d’architecture. Cela consistait à présenter le métier et l’école dans différents lycées pro et lorsque les étudiants étaient admis, on leur donnait des cours de soutien, on les aidait dans leurs méthodologies et leurs projets. Puis j’ai obtenu mon master en 2014.

L’ENSAN était pour moi un choix logique car l’école était proche de chez moi et c’est une école à dimension « humaine ». C’est également une magnifique opération de réhabilitation (ancienne usine de bretelles) avec un parc arboré. Pendant mon cursus, j’ai réalisé quelques stages en milieu ouvrier, au CAUE (Conseil d’Architecture d’Urbanisme et de l’Environnement) et en agences d’architecture.

” J’étais au collège quand mes parents ont fait appel à un architecte pour agrandir notre maison. J’ai pu longuement échanger avec lui et cela à fait naître en moi ce désir. 

Sortie d’études, comment ça s’est déroulé ensuite ?

En consultant les annonces traditionnelles, j’ai trouvé un travail dans un bureau d’étude pour faire des constructions neuves. En 2015 j’ai créé mon agence Atelier JG, donc assez rapidement après ma sortie d’école. L’avantage d’être à son compte : on est libre, indépendant et on gère le temps comme on veut. Par contre, ça implique d’être polyvalent et de maitriser d’autres compétences pour faire tourner l’entreprise : comptabilité, relation client, dessin technique… Ce que j’aime aussi c’est que je suis beaucoup en déplacement pour voir les lieux des projets. J’ai donc beaucoup de contact direct au terrain, ça me plait énormément. Depuis que j’ai créé mon entreprise, je me suis aperçu que ce que je préférais c’est la relation directe avec les clients. Je préfère travailler avec le particulier, j’ai donc fait le choix de m’éloigner de tous les gros projets (promoteurs immobiliers ou les concours d’appel d’offres) car la demande n’est pas la même et que les conditions de travail sont différentes.

Peux-tu expliquer ce qu’est le métier d’architecte ?

Un architecte mesure, dessine des plans, crée, invente et transforme des espaces. Il doit posséder avant tout une qualité : la curiosité. Déjà pour la culture générale mais en école d’architecture, on nous invite à découvrir plusieurs domaines pour s’inspirer : l’art, le design, la danse, les expositions… Ensuite, ce doit être quelqu’un ayant la tête sur les épaules pour pouvoir concevoir des projets alliant les contraintes esthétiques, techniques et juridiques. Il faut également se tenir informé de l’évolution de toutes les normes. C’est un métier de création, dans lequel on travaille beaucoup avec les outils informatiques, parce que le métier n’échappe pas à la digitalisation. Les missions sont souvent de l’ordre de la conception où l’avantage est qu’il n’y a pas deux projets identiques donc pas de routine. De plus, nous devons comprendre la demande des clients pour cibler leurs attentes. Pour un même terrain, deux architectes ne feront pas le même projet. Être architecte, c’est savoir s’adapter, communiquer, être polyvalent, rigoureux, savoir gérer son temps et son stress.

Le voyage me permet d’explorer d’autres cultures, d’autres modes de vie et d’autres types de constructions

Peux-tu nous décrire un de tes projets ?

J’ai travaillé sur un projet de tiny house. C’est un concept américain à la base qui se rapproche des mobil-homes. Cela se fait pour des gens qui aiment l’aventure et ont envie d’indépendance. La tiny house est une petite maison montée sur remorque, avec des normes précises et tous les éléments de confort moderne : cuisine, douche, lit, petit salon… Il y a autant de possibilité qu’il existe d’individu. Tout est fait sur mesure pour ne pas perdre une once d’espace et la forme extérieure est plus « architecturale » que celle d’un camping-car ou d’un mobil-home.

En parallèle, tu as créé Atelier 37 cette année, qu’est-ce que c’est ?

J’ai pu constater la perte importante des matériaux et la surproduction de déchets sur les chantiers. Je suis passionné de bricolage, et là je me suis dit qu’il y avait quelque chose d’intéressant à faire. On parle beaucoup dans mon métier des problématiques environnementales, j’ai souhaité appliquer une solution alternative pour réduire ce gaspillage. L’idée est de redonner vie aux objets abandonnés, de créer des œuvres (tableaux ou mobiliers design) uniques en établissant un lien entre ancien et moderne.

Quelles sont les ressources qui te portent et t’aident à avancer dans ces différents projets ?

Ma philosophie : s’entourer uniquement des personnes qui nous renforcent. Tous les gens qui me sont proches m’ont aidé à établir mes projets. Chaque rencontre est un événement dans une vie.

Aussi, j’aime les sprints ! Je voyage énormément depuis que je suis petit, j’ai continué pendant mes études et je continue toujours. Cela permet de me ressourcer, de prendre du recul. J’explore aussi d’autres cultures, d’autres modes de vie et d’autres types de constructions. Le sport, le handball, m’a aussi aidé. J’ai eu la chance de pouvoir continuer de jouer en nationale pendant mes études. J’avoue que sans cela ça aurait été plus compliqué de tenir le rythme et la pression. J’ai également commencé la moto juste après mes études, et le fait de rouler me « vide » la tête et me permet de souffler. Ce sont aussi les valeurs qu’ont les motards qui me plaisent : l’entraide et le respect…